⚓️550 € net par mois : Le prix de la résilience d’un capitaine sans équipage ⚓️
- Sébastien Abel

- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
On voit souvent les bateaux, le soleil et les vacances. Derrière la carte postale, il y a une réalité beaucoup plus dure que je tiens à partager avec vous.
Un entrepreneur ne se définit pas par le nombre de zéros sur son compte de résultat, mais par sa capacité à prendre des risques et à créer de la valeur. Pourtant, aujourd’hui, dans un contexte de grande tension économique et après avoir subi de plein fouet les séquelles de la Covid-19, maintenir la pérennité de mon entreprise dans un pays qui taxe énormément est un combat de chaque instant.
Être entrepreneur, c’est : 👉 Créer une société 👉 Engager des risques financiers 👉 Générer du chiffre d’affaires 👉 Vendre un service concret à de vrais clients 👉 Gérer seul l’opérationnel : commercial, site internet et réseaux sociaux, administratif, comptabilité, fiscalité, social et marketing 👉 Décider, assumer, encaisser les coups et continuer malgré les difficultés
Mon activité — la location de bateaux avec ou sans skipper — est une activité d’exploitation à part entière : entretien des unités, assurances spécifiques, gestion du planning, sécurité des passagers, logistique humaine et technique. Ce n’est pas du conseil, c’est du terrain.
La rentabilité est un défi permanent. Les charges sont lourdes et ne font aucun cadeau : entretien, place de port, carburant, assurances, expert-comptable, commissions bancaires et partenaires, TVA, URSSAF, CFE… Dégager un salaire, même minime, demande une rigueur de gestion constante et complexe. Aujourd'hui, mon reste à vivre net est de 550 € par mois. C'est la réalité brutale d'une petite structure qui porte des actifs lourds face à une pression fiscale étouffante.
L’isolement fait aussi partie du quotidien. En SASU, on est seul à bord. Sans salariés, on peut être perçu comme un simple indépendant, alors qu’un capitaine reste un capitaine, avec ou sans équipage.
Fin janvier marque déjà la préparation de la saison 2026. Ce travail de l’ombre — maintenance, anticipation, organisation — est souvent invisible, mais c’est lui qui fait la différence entre un entrepreneur et un simple exécutant. On ne voit que le bateau qui navigue en été, mais on oublie les centaines d'heures de préparation solitaires en plein hiver.
En résumé : Je gère des actifs (bateaux), des risques (navigation et sécurité), une structure juridique complexe (SASU) et du chiffre d’affaires. Je suis fier de ce que je bâtis, mais il est temps de mettre des mots sur la difficulté de tenir la barre quand les vents contraires sont fiscaux et économiques.
Merci à ceux qui comprennent que derrière chaque petite entreprise, il y a un humain qui sacrifie beaucoup pour offrir un service de qualité. Sans vous, le bateau coulerait depuis longtemps ⚓️
Pourquoi je continue ? Parce que j'aime ce métier. Parce que vendre un service concret, assurer votre sécurité en mer et entretenir mes unités demande un savoir-faire que je ne veux pas abandonner.
Pourquoi est-ce si difficile de maintenir nos TPE en France ?
Saviez-vous qu'un entrepreneur sur deux gagne moins que le SMIC ?


Être capitaine de son entreprise quand l'horizon est bouché par les taxes
On imagine souvent l'entrepreneur derrière un écran ou des tableurs. La réalité de mon quotidien est bien plus physique, plus brute. Gérer une activité de location de bateaux (avec ou sans skipper), c'est être sur le pont, au sens propre comme au figuré.
Aujourd'hui, je veux briser un tabou : celui de la rentabilité face à la pression fiscale française. En SASU, seul à bord, je cumule toutes les fonctions : commercial, mécanicien, community manager, comptable, et garant de la sécurité en mer.
Le paradoxe est violent :
· Je génère de la valeur, du chiffre d’affaires et de l'emploi indirect.
· Je gère des actifs lourds et des risques réels.
· Pourtant, malgré une rigueur de gestion absolue, mon salaire n'est que de 1/3 de SMIC net mensuel.
Entre les séquelles de la crise COVID, l'inflation des coûts d’entretien (carburant, places de port, assurances) et une fiscalité qui ne laisse aucun répit (TVA, URSSAF, CFE), la pérennité est un combat de chaque instant.
Fin janvier, alors que la saison 2026 se prépare dans l'ombre, je rappelle qu'un entrepreneur ne se définit pas par ses dividendes, mais par sa capacité à encaisser les coups et à maintenir le cap. Un capitaine reste un capitaine, avec ou sans équipage.
D'autres entrepreneurs ressentent ils ce décalage entre l'énergie investie et le reste à vivre ?













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